Lettre ouverte de Tristan Denéchaud
De mes interventions au conseil municipal du 2 février, la presse locale a surtout retenu que je prônais une hausse des impôts et la création de sous-conseils…
Pourtant, j’ai commencé mon intervention par : « Je ne prêche pas pour que l’on augmente les impôts à Colmar ! » Alors pourquoi laisser penser le contraire ? Mon propos, qui ne traitait pas spécifiquement de Colmar mais des villes françaises en général, visait notamment à montrer qu’avoir la fiscalité la moins élevée possible ne saurait être une fin en soi, mais qu’un moyen parmi d’autres… du moins quand on veut représenter toute la population, et pas que les gros contribuables.
Un maire doit s’attacher à rendre la vie meilleure aux citoyens et à assurer l’attractivité de sa ville. Avoir des impôts modestes est un moyen d’y parvenir, mais ce n’est pas le seul. En effet, avoir des services publics performants et accessibles à tous est un moyen encore plus efficace d’améliorer les conditions de vie de la population, et surtout des plus faibles. Et ces services doivent bien être financés. La solution se trouve donc dans un équilibre subtil entre le niveau d’imposition et la qualité des services publics, avec des politiques pertinentes. Avoir des impôts trop bas est aussi dangereux qu’avoir des impôts trop élevés car, à moins d’avoir une manne financière exceptionnelle, on tombe dans un immobilisme qui fait plaisir aux ménages les plus aisés, mais pénalise les plus fragiles, contraints de tout faire et de tout payer eux-mêmes ; exemple : être obligé d’avoir une voiture car les transports en commun sont trop réduits.
Dans une ville où les transports publics sont en « service minimum » tous les jours, où il n’y a aucun équipement culturel ou sportif d’envergure régionale, pas de tri des déchets en porte à porte, une politique de stationnement archaïque, des crèches au compte-gouttes, etc., il est logique que les impôts soient plus bas qu’ailleurs, l’offre de services étant proportionnellement réduite. Nous n’avons que peu de charges de centralité à assumer, et notre cité n’est par conséquent pas du tout comparable à Strasbourg, ni même à Mulhouse (villes auxquelles la note d’orientation budgétaire nous comparait). Dans l’état actuel des choses, augmenter la fiscalité n’aurait donc aucun intérêt ! En revanche, si un jour Colmar devient une agglomération qui compte vraiment dans le Rhin Supérieur, là, on aura sans doute besoin d’une fiscalité plus dynamique pour être à la hauteur de ce nouveau statut… mais il n’y a rien à craindre de ce côté-là pour l’instant !
²
Concernant la démocratie locale : lors de mon intervention sur les conseils de quartier, j’ai surtout demandé à MM. Gilbert Meyer, René Frieh et Yves Baumuller, de veiller à assurer une bonne représentativité de ces conseils, et de communiquer efficacement afin de susciter un maximum de candidatures pour être certain que ces nouvelles instances consultatives ne soient pas un repaire « d’initiés ». La même demande a été formulée concernant le conseil économique, social et « environnemental ».
Ensuite, les conseils doivent être basés sur un maillage qui correspond à un espace de vie, celui dont les habitants ressentent naturellement les limites, c’est le territoire de proximité. Si j’ai parlé de « sous-conseils », c’était une tentative pour faire coller la réalité de notre ville à la morphologie saugrenue qu’on nous propose, sachant que, bien évidemment, Colmar aurait besoin d’une dizaine de conseils, pas de trois qui ne font que renforcer le sentiment de partition entre l’Est et l’Ouest de la ville. Mme Mann a prétendu que le projet s’inspirait de ce qui se faisait de mieux ailleurs ; je me réjouis que la rhétorique de Bougeons les lignes ait fait mouche ! Mais il ne suffit pas de le dire : il n’y a aucune autre ville où les quartiers aient été regroupés de manière aussi artificielle qu’à Colmar.
Ces conseils ne sont pas là pour faire concurrence au conseil municipal, ni même pour servir de lobby, mais pour être un relais privilégié entre la population et le conseil municipal. Il doit donc y avoir un va-et-vient permanent entre ceux-ci et le conseil municipal et bien sûr d’observer comment les politiques menées par la Ville sont perçues sur le terrain.
La majorité nous enjoint de lui faire confiance, et c’est pour cela que j’ai approuvé le rapport de M. Frieh, tout en faisant part de ma vigilance. Mais comment faire confiance à un groupe politique qui verrouille toutes les décisions à l’avance par des « réunions de groupe » préalables au conseil municipal et qui, finalement, ne laissent aucune marge de décision à ce dernier, et ne parvient pas à laisser plus d’1 siège de la CAC (sur 18) à l’opposition, en excluant 7 élus (le groupe Wagner) de toutes les instances ? Les conseils de quartier sont-ils voués à ressembler à ce sinistre tableau ?
Je ne l’espère pas, car les conseils de quartier doivent servir à quelque chose. Ils ne sont pas là pour faire concurrence au conseil municipal, ni même pour servir de lobby, mais avant tout pour être un relais privilégié entre la population et le conseil municipal. Il doit donc y avoir un va-et-vient permanent entre les conseils de quartier et le conseil municipal. Cela passe par la présence de conseillers municipaux dans les conseils de quartier, et de préférence des conseillers qui habitent ou travaillent vraiment sur place, et par des conseillers municipaux qui s’impliquent vraiment en tant qu’élus « territoriaux », en faisant régulièrement des rapports de ce qui a été débattu dans le quartier, et en proposant des solutions pour résoudre les divers problèmes posés. Dans l’autre sens, les conseils de quartiers peuvent permettre de communiquer sur ce que fait la municipalité, de manière non partisane et sans faire de la publicité en permanence pour le maire, et bien sûr de voir comment les politiques menées par la Ville sont perçues sur le terrain. Enfin, les conseils de quartier doivent pouvoir décider de leur ordre du jour, et entretenir librement des relations avec les différentes structures présentes sur leur territoire, sans avoir à quémander l’autorisation au maire pour tout.
Alors chiche ! Et si les conseils de quartier ressemblent à cela d’ici un an et permettent vraiment de faire avancer les choses à Colmar, Bougeons les lignes sera la première à approuver le travail réalisé.
Enfin, notons le retard important de notre cité en matière de communication électronique : un site municipal classé parmi les plus laids de France et qui ne permet aucune procédure en ligne, la messagerie électronique encore largement sous-utilisée, toujours pas de « boîte à idées » à disposition des citoyens… D’ailleurs, Bougeons les lignes, qui est née en grande partie grâce à Internet, support de campagne privilégié du fait de nos modestes moyens, en lancera une prochainement ; aussi nous invitons les Colmariens dès à présent à nous envoyer leurs idées par mail à contact@bougeons.org . Les plus abouties seront compilées et mises en ligne sur notre site www.bougeons.org.
Très cordialement,
Tristan Denéchaud,
pour Bougeons les lignes Colmar - Alsace
Suite à la publication de la population légale 2009, nous avons vu que Colmar avait perdu 0,41% de sa population. Sans parler de baisse pour ne pas verser dans la
polémique, on ne peut constater qu’une stagnation. Plutôt que d’avancer des arguments manquant de rigueur et mettant en cause la qualité du recensement, il
faut accepter ce constat et se poser les bonnes questions.
